Damien Leban : Les héritiers des ténèbres

Les héritiers des ténèbres damien lebanLes héritiers des ténèbres

Damien Leban

Editeur : City Editions (7 mai 2014) (380 pages)

Genre : Thriller

Enquêter sur la disparition de deux femmes dans sa ville, n’est pas la chose la plus facile pour Andrew White. Certes, il porte l’étoile de shérif, mais il porte surtout le lourd fardeau d’un père disparu dans de douteuses circonstances.

Sa mère l’a poussé à prendre la relève et intégrer l’école de shérif. Porter le costume le rend fière mais, Andrew doit faire face à l’animosité, voire l’irrespect d’un bon nombre d’habitants. « Junior », c’est le surnom le plus gentil qu’on ait pu lui donner jusque là. Il faut dire que son air d’ado attardé et son flagrant manque de confiance en lui ne l’aide pas à s’affirmer.

Pourtant, il va lui falloir mûrir très vite car Julia et Katherine ont été enlevées sur le même parking de supermarché à une journée d’intervalle. Aucun indice précis ne lui permet de déduire quoi que ce soit sur ces enlèvements. Il ne lui reste qu’une chose à faire : demander l’aide du célèbre Lieutenant Carver pour qu’il prenne l’affaire en main. Tel un groupie, il veut d’ailleurs tout faire pour rester dans son sillage et admirer les capacités du Lieutenant à résoudre cette affaire.

Une enquête qui s’annonçait bien plus mouvementée qu’un sempiternel tour du parc forestier, un lieutenant charismatique, auprès de qui il rêvait déjà de se faire remarquer, et un inspecteur sympathique en guide professionnel ; jamais Andrew White ne fut autant en accord avec lui-même : il voulait plonger dans le grand bain et participer à l’affaire.

Bien que visiblement récalcitrant au départ à faire intervenir un simple shérif sur le dossier, Cyfrown accepta l’offre. Après tout, on était samedi et ses effectifs étaient réduits.

— OK, vous irez donc fouiller le domicile de Katherine Foregan et vous prendrez la déposition de monsieur. Si vous trouvez quelque chose d’intéressant, vous m’appelez à ce numéro.

Il lui tendit une carte que White rangea précieusement dans sa poche de blouson. Pour la première fois de sa carrière, on lui confiait une mission d’importance.

Emballé par la perspective d’être félicité par le lieutenant Carver, il reprit la route vers Shortslive accompagné de Foregan.

Alors qu’Andrew, nourri aux séries américaines, se prépare à chercher de précieux indices, Julia se réveille dans le noir, nue sur un sol glacé. Elle se déplace à tâtons et se dirige vers les pleurs étouffés, les souffles affaiblis des autres victimes. Trois autres femmes sont dans cette pièce sans eau ni vivres. L’une d’entre elle est déjà morte, une autre agonise, seule Katherine peut encore parler, effrayée.

Leur ravisseur cherche à les briser…Psychologiquement d’abord puis physiquement.

— Numéro 090203, sortez ! Dernier appel.

Ne comprenant pas où il voulait en venir, Julia regarda alors derrière elle, en direction de la femme dont la respiration était bruyante et synonyme d’agonie. Elle avait visiblement subi la même barbarie que la femme morte, mais n’avait miraculeusement pas succombé après tant d’abominations. Julia vit alors une marque sur l’avant-bras gauche de la souffrante.

Tournant le dos à la porte métallique, elle s’approcha pour mieux voir ce qui se révéla être un tatouage manuscrit. La peau était encore rouge vif tout autour, attestant de la fraîcheur de l’acte. La calligraphie était sommaire, voire hésitante.

Elle indiquait le manque d’expérience du tatoueur et le fait que le tatouage n’eût pas de but esthétique. Avec une certaine anxiété, Julia retourna le bras de la femme pour pouvoir lire la marque dans le bon sens. Et enfin, elle comprit ce que l’homme à la porcelaine demandait. L’empreinte indélébile était un nombre à six chiffres : 090202.

— Oh mon Dieu !

Julia regarda alors son propre avant-bras gauche, face externe, et y lut une série de chiffres similaire. Elle était gravée du numéro 100204. Katherine la rejoignit, déjà paniquée par la situation ; elle fut pétrifiée quand Julia lui montra qu’elles étaient toutes tatouées et numérotées. Katherine portait le numéro 090203. C’est elle que le ravisseur appelait.

Damien Leban est un auteur français que j’ai découvert lors de sa candidature au prix VSD. J’ai tout de suite adoré et suivi son projet de livre qui est paru sous le titre Le sanctuaire d’ombos.

Les héritiers des ténèbres est un pur thriller écrit dans les règles de l’art et n’a rien à envier aux maîtres du genre. Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans un monde d’horreur. Séances de tortures, personnages secondaires aux passés troubles.

Ecrire un bon thriller qui tienne la route n’est déjà pas facile, mais mêler au cœur d’un même livre deux enquêtes est un jeu dangereux où le lecteur risque de se perdre. Il n’en sera rien ici. Le tout aura été fort habilement traité avec deux tonalités différentes. La première étant la plus violente (tant au niveau des mots que des actions), avec une écriture sans temps mort qui maintient le lecteur scotché. La seconde enquête se différencie par un changement de tonalité. Beaucoup plus sombre dans les propos et plus difficile à mener puisque le héros décide de faire la lumière sur la mort de son père.

A tout cela, se mêlent des personnages attachants. Julia qui se bat pour survivre (jusqu’à entendre les encouragements de sa fille Camille), Amy la bibliothécaire dont Andrew tombe amoureux au premier regard, ou encore Johnny l’ami d’enfance dingue de séries et jeux video… Tous ont une histoire, un passé et Damien Leban a su leur donner de la substance ce qui aide considérablement à créer un récit cohérent, bien construit et magnifiquement mené de bout en bout.


Logo-DecitreEnvie de le lire ? Vous le trouverez chez ces différents partenaires…


About Val

View all Posts

Blogueuse, lectrice équipée d'un reader depuis plusieurs années. Grande fan de Science Fiction, de thriller, Valérie ne passe pas une journée sans ouvrir un livre. Et quand elle ne lit pas, ce qui est vraiment rare, Valérie adore aller au cinéma (voir des films SF), regarder des séries (principalement SF)...elle travaille aussi mais ça, c'est une autre histoire...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

dix-sept − 7 =