Quatre valets et une dame de Paul Colize

Quatre valets et une dame de Paul Colize a été lu dans le cadre du comité de lecture auquel j’appartiens.
Je tiens entre mes mains mon premier manuscrit. C’est un livre non encore publié que je vais avoir la joie de découvrir avant tout le monde. C’est excitant !

Comme vous ne le trouverez pas encore sur le net, voici un petit résumé de l’action :

Comme tous les quinze jours, Antoine Lagarde, rend une visite de courtoisie à son père. Mais cette fois-ci, rien ne se déroule comme prévu.
Il retrouve ce dernier noyé dans une mare de sang… assassiné.
Les policiers tâtonnent : aucun mobile, aucun indice.
Quand Antoine retourne sur les lieux, pour récupérer Gaston, son fidèle téléphone portable, il est attiré par un vieil étui à cigarettes qui avait disparu depuis de nombreuses années. Intrigué, il l’ouvre et découvre à l’intérieur une carte à jouer : un valet de pique.
Au dos de cette carte, un étrange message : A, BON, AMI…
Pour Antoine, c’est le début d’une enquête où il sera tour à tour manipulateur et surtout manipulé.
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Archétype de Don Juan, le personnage d’Antoine est attachant. On assiste à ses multiples galipettes et à son adoration pour les odeurs du corps féminin tout en menant son enquête.
J’ai adoré la description de son ex-femme, ainsi que les textos qu’elle lui envoie. Ce sont de grands moments : “Tu es en retard, comme d’habitude. Jérôme t’attend, comme d’habitude. Tu as sûrement de très bonnes raisons, comme d’habitude. Garde-les pour toi, comme d’habitude.” Excellent non ?
J’aime bien la façon dont Paul Colize a modelé son héros. Antoine n’est ni James Bond, ni Colombo c’est plus tôt un homme comme on en croise tous les jours. Certains attirent le regard d’autres pas. Antoine n’est donc pas un fonceur de nature. Il a eu une femme Suisse que j’imagine bien dominatrice et plus ou moins castratrice. Divorcé, il papillonne de femme en femme comme ça, au hasard des rencontres. Je le sens plus comme quelqu’un qui vogue au gré des flots plutôt qu’un fonceur. Du coup, l’enquête s’en ressent. Si vous aviez trouvé ce fameux valet de pique bien mis en évidence dans le salon de votre père assassiné. Seriez-vous allé voir la police pour lui livrer des indices permettant l’arrestation du meurtrier ? Oui ? Moi aussi bien sûr ! Mais notre héros, non ! Il range la carte dans sa poche et rentre chez lui.

J’ai trouvé également très intéressant le traitement de l’histoire. Le monde de la littérature policière est empli de personnages habités par la vengeance. Ici, Paul Colize nous offre une autre vision où le châtiment vient des hommes qui furent autrefois bourreaux.
L’intrigue se met en place rapidement. Les premiers mots sont incisifs et accrochent notre attention. Mais, malheureusement, très vite, cette dernière se relâche et l’on se noie dans des descriptions trop longues et inutiles. C’est dommage car parfois, les mots s’enchaînent bien, l’action s’emballe, on “est dedans” et paf, tout s’arrête. Le style, un peu lourd mérite d’être quelque peu allégé. J’espère que ce sera fait pour donner du rythme à ce polar qui le mérite.

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