Vincent Gessler : Cygnis

Cygnis

Vincent Gessler

Illustration de : Yoz (Johann Bodin) dont vous trouverez l’original ici
Éditeur : L’ Atalante / collection La Dentelle du Cygne (25 mars 2010) (224 pages)
Prix Julia Verlanger 2010,

Prix Européen Utopiales 2010

 

Dans cet univers post-apocalyptique, le monde tel qu’on le connaît n’existe plus. Toutes les avancées technologiques ont été réduites à néant et la nature a reprit ses droits.

Dans ce nouvel environnement, l’homme s’est adapté et rassemblé pour créer de micro-société. On croise de temps en temps des robots (des Diasols) qui n’ont de cesse de déblayer les débris des grands villes abandonnées pour déterrer et réparer l’un des leurs. Ils sont la proie de Syn, le trappeur et de son loup qui se repaît du fluide laiteux s’échappant des robots désactivés.

Accident nucléaire ou guerre, on ne sait pas ce qui s’est réellement passé. “Nous marchons sur leurs ruines toute l’année, continue Syn, nous devons nous battre contre les machines qu’ils ont créées…. Nous leur devons notre mode de vie, une partie de nos problèmes et de nos solutions, et nous ignorons à peu près tout de ce qu’il s’est passé…” “Les croyances permettent de ne pas oublier qu’il s’est produit quelque chose de terrible il y a longtemps. Chacun a gardé au fond de lui les peurs de ses ancêtres et il tente de les conjurer.” On fait des rencontres étranges dans ce roman. Des troglodytes qui ont peur qu’un morceau du soleil leur tombe dessus ne sortent que la nuit. Des fouisseurs qui ont pour but dans la vie de récupérer dans le sol des pièces provenant de la technologie du monde d’avant.

Comme chaque année, après avoir hiberné, parce que l’homme à présent hiberne, Syn se rend à la fête annuelle du village pour pour connaître l’ivresse de la boisson et des femmes. Mais cette année, alors que la fête bat son plein, un groupe de Troglodytes fait diversion en mettant le feu à quelques maisons et enlèvent femmes et jeunes filles.

Pour les gens du village, l’heure de la guerre a sonné ; pour Syn c’est l’heure d’une grande marche solitaire jusqu’à ce que son chemin croise à nouveau des humains poursuivis par des robots, et l’amour. “L’émotion le submerge et bourdonne dans sa gorge, remonte vers son visage. Il n’a jamais pleuré sur la violence et la mort mais il cède devant cette femme dont il ne connait pas encore le nom”. Il passe un bras autour d’elle et la berce avec douceur, ignorant combien de temps ils restent ainsi avant que les sanglots ne s’espacent et se tarissent en gémissements et qu’à bout de forces, lovée contre lui, elle s’endorme…Le firmament poudreux se reflète dans l’onde immobile. Aucune lune ce soir, mais la danse ralentie des constellations contre l’horizon noir. Le sommeil souffle sur leurs paupières.

Cygnis où la poésie est reine et l’écriture de très grande qualité. Le rythme volontairement lent et contemplatif colle parfaitement à l’atmosphère du livre. Il m’a quand même manqué un petit quelque chose pour en faire un livre inoubliable.

A lire les avis de EfelleNaufragés volontaires, Imaginelf, Gromovar, Cachou et Lhisbei

Lu dans le cadre du Challenge Fins du monde de Tigger Lilly

 


Logo-DecitreEnvie de le lire ? Vous le trouverez chez ces différents partenaires…


Présentation de l’éditeur
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Est-ce le ciel ou la forêt ? Un fourmil­lement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’œil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux.

C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables…

Seule la science-fiction peut nous donner ce vertige d’être des archéologues du futur. Dans une langue raffinée, Vincent Gessler réussit son pari de nous envoûter par son récit âpre et exaltant de l’éternelle recherche des origines.

About Val

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Blogueuse, lectrice équipée d'un reader depuis plusieurs années. Grande fan de Science Fiction, de thriller, Valérie ne passe pas une journée sans ouvrir un livre. Et quand elle ne lit pas, ce qui est vraiment rare, Valérie adore aller au cinéma (voir des films SF), regarder des séries (principalement SF)...elle travaille aussi mais ça, c'est une autre histoire...

15 Comments on this post

  1. Un bon moment ni plus ni moins, on est d’accord.

    Efelle / Répondre
  2. Que demandez de plus c’est vrai, à part peut être un peu de temps pour en faire la découverte… Il est déjà dans le petit carnet suite aux chroniques précédentes que j’ai lu à son sujet. Je ne désespère pas.

    El Jc / Répondre
  3. Bonjour,
    Juste une petite indication : ce que vous indiquez comme la présentation de l’éditeur ne l’est pas (il y a d’ailleurs une erreur d’orthographe dans le prénom du personnage principal 😉 ).
    La présentation du roman par l’éditeur est disponible ici : http://www.l-atalante.com/catalogue/la_dentelle_du_cygne/cygnis/48/653/vincent_gessler/detail.html

    Rachael / Répondre
    • Oh purge ! bravo le copier coller de chez amazon !
      je vire et remplace par la bonne 4è de couv.
      Ca m’apprendra à pas relire les prez éditeurs tiens 🙂

  4. Rien que pour la découverte de l’écriture je le lirais bien, tout de même ^^ Merci de ta participation !

    Tigger Lilly / Répondre
  5. Il m’intrigue ce livre, mais impossible de trouver cette maison d’édition ici, et vu l’efficacité des distributeurs belges pour ces petites maisons d’édition, je préfère m’abstenir de commander. Argh, pourquoi fallait-il qu’il soit bon?

    Cachou / Répondre
    • Il paraît qu’il est en rupture en France…

      • La deuxième impression du roman est arrivée il y a quelques semaines.
        Et sinon, L’Atalante est bien distribuée en Belgique, ce n’est pas une si petite maison d’édition 😉 Le distributeur est Caravelle, aucun problème donc pour le commander si jamais !

        Rachael / (in reply to Val) Répondre
        • J’ai regardé sur le site, et ils sont vendus à Bruxelles, Namur et Liège, c’est-à-dire à minimum une heure de chez moi, l’endroit le plus facile pour moi étant en fait Lille ^_^. Mais bon, de toute manière, j’ai regardé les prix aussi, et c’est malheureusement hors de portée pour moi pour l’instant, du coup tant pis (sauf s’il y a quelques SP en rade)(ben quoi, qui ne tente rien n’a rien ^_^)(surtout que je meurs d’envie de lire certains titres de cette maison d’édition!).

          Cachou / (in reply to Rachael) Répondre
  6. Arch, zut. Bouquineries, bouquineries (en même temps, ce n’est pas plus mal pour le portefeuille :D).

    Cachou / Répondre
  7. J’ai pour ma part aussi bien apprécié Cygnis, même si je pense effectivement qu’il devrait s’inscrire dans un cycle plus large pour atteindre la portée que l’univers et l’écriture mériteraient.

    Emmanuel / Répondre
  8. Bon vous m’avez convaincu je le mets dans la file d’attente des livres à lire. D’ici là il aura peut-être réapparu dans les librairies.

    Merci pour cet article

    Guy / Répondre

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