Jean-Marc Ligny : Cyberkiller

Jean-Marc Ligny cyberkillerCyberkiller
Jean-Marc Ligny

Fleuve Noir  – Sf metal (8 avril 1998) (251 pages)

Genre : Science-fiction / Anticipation / Cyberpunk

Cyberkiller nous met tout de suite dans l’ambiance d’un monde futuriste assez glauque. Les échanges entre humains ne se font que sur le réseau. Le monde virtuel prédomine et les contacts physiques entre humains sont rares.
On trouve encore des “Outers”, qui ne sont pas branchés et vivent à l’air libre. Ce sont pour la plupart des bandes organisées qui pillent et volent pour le compte de ceux qui ne veulent ou ne peuvent plus se débrancher du réseau.

Les Hackers sont les rois du monde. Voler des programmes, les revendre, jouer à espionner les autres pour le plaisir…le réseau est leur terrain de jeu. Tout comme les Nerds (joueurs compulsifs) pour qui le bonheur passe par leurs petites pilules bleues qui leur permettent de passer plusieurs jours sur les réseaux de jeux en ligne. D’autres drogués du réseau, restent connectés le plus longtemps possible dans ce monde virtuel que ce soit pour faire l’amour, rencontrer du monde, faire des achats et tchatter. Leur monde idéal, c’est sur le réseau qu’ils le trouvent et surtout pas dans la morne réalité de la vie. Tout ce petit monde idéal pourrait continuer à tourner comme cela si la société Maya, qui héberge et créé une quantité impressionnante de jeux, n’était atteinte d’un virus tueur de Nerds.
Ce virus, prénommé CYBERKILLER a pris le nom d’un ancien jeu détruit pour sa dangerosité.

Bon nombre de joueurs sont pris au piège et meurent d’inanition ou deviennent complètement fous après avoir réussi à se débrancher de façon violente.

La société Maya fait donc appel à son meilleur chasseur (Deckard) pour traquer et éliminer ce virus.

Cependant Deckard répugne à affronter Cyberkiller sans avoir la moindre idée de quoi il retourne. « Bien connaître l’ennemi, c’est déjà la moitié de la victoire » : il a fait sien cet adage tiré de L’art de la guerre de Sun Tzu, un ouvrage multimillénaire qu’il a lu en version papier de surcroît. Là réside aussi la supériorité de Deckard sur les autres decybs : il n’a pas oublié l’ancienne culture, les façons de vivre de jadis, et en tire toujours un enseignement. Donc : avant de traquer Cyberkiller, d’abord rencontrer ses victimes.
Il en appelle la liste sur le moniteur de son œuf, auquel il demande un classement géographique : 1387 victimes recensées, réparties sur toute la planète, avec trois zones de concentration : USA, Europe et Côte Asiatique. (« Normal, se dit-il. Ce sont des zones de concentrations de nerds. Le prédateur va là où sont les proies… ») Seulement trois survivants : l’un passe son temps à hurler malgré les neuroleps perfusés en permanence, l’autre s’est enfui de l’hosto, a carrément disparu dans la nature ; reste la troisième, Minilys, apparemment la moins atteinte.
Peut-être Deckard réussira-t-il à obtenir d’elle – ou de sa cyberdeck, si par chance elle a sauvegardé la partie en cours – quelques indices sur l’origine de ce jeu meurtrier…

De son côté, celle qui se fait appeler Virus est intriguée par cette histoire de Cyberkiller qui circule sur le réseau et cela devient très vite pour elle un défi de le” capturer” et pourquoi pas de le revendre au plus offrant.

Pour resituer le contexte, à l’époque où Jean-Marc Ligny a écrit son livre (1993), Facebook n’était pas encore né 😉

Il m’est donc facile en 2014 de trouver des failles, des passages illogiques, je ne m’attarderai donc pas là-dessus car Cyberkiller n’en reste pas moins un bon roman d’aventure. Je regrette un peu le côté expéditif de la résolution du “problème” Cyberkiller, ainsi que l’histoire d’amour, la découverte du monde extérieur et des rapports physiques. Un peu trop cliché à mon goût.

J’aurais aimé et trouvé plus intéressant de s’attarder sur l’opposition entre la réalité virtuelle et le monde réel tout en invitant le lecteur à se demander si un jour prochain l’un prendra le pas sur l’autre …

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