Ursula Le Guin : La main gauche de la nuit

La main gauche de la nuit

Ursula Le Guin

Éditeur : Robert Laffont / Collection Ailleurs et Demain (avril 1971) (342 pages)
Traduction de : Jean BAILHACHE
Genre : Science-Fiction / Planet Opera
Prix Nebula du meilleur roman en 1969
Prix Hugo du meilleur roman en 1970

Imaginez un monde androgyne où à chaque cycle sexuel, les habitants de la planète Gethen peuvent devenir mâle ou femelle. Un monde où l’on peut donc être à la fois père et mère. C’est l’entrée en période du kemma (2-3 jours par mois) qui détermine quel sexe sera dominant. Il est variable à chaque Kemma et est sensible au désir de l’autre comme si c’était le désir qui déterminait le sexe. Il n’y a donc sur cette planète aucun problème d’identité sexuelle jusqu’au jour où se présente face à ces « hermaphrodites », un Terrien de sexe mâle … définitivement mâle.

Genli se présente comme ambassadeur. Il est ici pour établir un contact avec cette civilisation, mettre en place des accords commerciaux et faire adhérer la planète à la confédération galactique. Mission ô combien difficile pour un homme qui apparaît aux yeux des habitants de Gethen, comme un être anormal puisque tout le temps sexué et donc perpétuellement en chaleur.

Tout le monde se méfie donc de l’humain sauf Estraven qui se dévoue à la cause de Genly. En véritable anthropologue, Le Terrien va analyser cette civilisation et partir à la découverte de cet autre monde où règnent comme partout manipulations politiques et traîtrises. On suit l’histoire à la fois par les yeux de Genly, puisque c’est son rapport qu’on lit , et par ceux d’Estraven, l’autochtone qui tient un journal.

Ursula Le Guin est douée de génie quand il s’agit de construire un monde nouveau, aux antipodes de ce que nous connaissons. Le choc culturel entre deux civilisations est fascinant, mais la réflexion qui en découle prend parfois un peu trop le pas sur l’action. Il faut rester concentré sur ce livre car certains passages sont dignes de grands débats philosophiques et ces moments sont magiques. Il me restera longtemps à l’esprit les chapitres douloureux d’une longue marche dans un froid polaire à vous glacer le sang ; sorte de parcours initiatique, elle va changer, leur vision de l’autre. Cette « randonnée » vaut à elle seule la lecture du livre.

La main gauche de la nuit a été lu dans le cadre du challenge Summer Star wars de Lhisbei Merci à Ailleurs et Demain de m’avoir fait découvrir ce livre dans sa version numérique.


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Présentation de l’éditeur

Sur Gethen, la planète glacée que les premiers Envoyés ont baptisée Nivôse, il n’y a ni hommes ni femmes, seulements des êtres humains. Des êtres humains androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe. Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle. L’envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen ? La main gauche de la nuit fait partie du cycle de l’Ekumen.

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Blogueuse, lectrice équipée d'un reader depuis plusieurs années. Grande fan de Science Fiction, de thriller, Valérie ne passe pas une journée sans ouvrir un livre. Et quand elle ne lit pas, ce qui est vraiment rare, Valérie adore aller au cinéma (voir des films SF), regarder des séries (principalement SF)...elle travaille aussi mais ça, c'est une autre histoire...

14 Comments on this post

  1. Il faut vraiment que je le lise, celui-là!

    Cachou / Répondre
  2. Mêmes impressions de lecture, la randonnée dans le froid me hante encore d’ailleurs.

    Vert / Répondre
    • Exactement… J’ai eu par moment des coups de mou, mais quand je suis arrivé à ce passage, j’étais fière de ne pas avoir lâché ce livre.

      Val / (in reply to Vert) Répondre
  3. Ça m’a l’air très intéressant ça ! Surtout que je ne connais que trop peu Ursula Le Guin (j’ai lu Terremer il y a fort longtemps)…

    Lorhkan / Répondre
    • J’ai justement retrouvé Terremer pour le relire un de ces quatre. J’en ai de très bons souvenirs (quoique diffus).

      Val / (in reply to Lorhkan) Répondre
  4. Ah, tu es de retour, Val : bonne nouvelle !
    Bonne semaine et à bientôt.

    Catherine / Répondre
  5. encore un à mettre dans ma pàl

    falagar / Répondre

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