Jean-Pierre Andrevon : La Maison qui glissait

Jean-Pierre Andrevon

La Maison qui glissait

Éditeur : Le Bélial’ (septembre 2010) (419 pages en format epub)
Illustration de Philippe GADY
Genre : Science-fiction / post-apocalyptique
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Sa main tenant la montre inerte retomba lentement vers son flanc, il jeta l’objet sur le lit d’un geste presque rageur. Et, dans son cerveau en ébullition, la réponse, ou une réponse possible se condensa. Il n’existe que deux phénomènes au monde capables d’interrompre les échanges électriques. Deux phénomènes induisant un champ électromagnétique gigantesque. Un orage d’une intensité phénoménale ou… – allez, dis-le ! – ou une explosion nucléaire.

Samedi 30 août,
7h du matin,
Tour des Erables.

Il fait déjà chaud, très chaud…Mais ce qui interpelle surtout les habitants ce matin là, c’est le silence inhabituel et cette brume épaisse qui a l’air d’encercler la tour. L’électricité a sauté au petit matin et fait étrange, réveils, montres, radios, enfin tout appareil utilisant des piles s’est retrouvé bloqué et a cessé de fonctionner.

Pierre, enseignant, habite au 13ème étage. A nouveau célibataire, il se sent poussé vers l’extérieur pour confronter son opinion à celle des autres locataires. Il est vite rejoint dans les escaliers par Laurent, un prof à la retraite, qui habite au-dessus de chez lui. Tous deux sentent que les heures qui vont suivre ne seront pas de tout repos.

Au pied de la tour, une petite foule se presse autour du gardien, Roger Vincenzini, qui devient aux yeux de tous, celui qui sait, celui qui doit prendre des décisions, celui sur qui la tour doit compter. Lui, ne sait rien. Cette brume l’inquiète, elle est si épaisse qu’elle empêche même de voir la tour jumelle, pourtant à moins de cent mètres.

Très vite, les résidents de cette barre HLM se sentent isolés, oppressés. Les instincts primaires refont surface. Cette brume est anormale, personne n’ose s’y engager. Seulement le temps passe et pour des hommes comme Constantin Ravunescu, arriver en retard au travail est inacceptable. Il est grand temps pour lui de se mettre en route. Les habitants pleins d’espoirs le regardent s’éloigner. Le chien du gardien le suit de près. Ils sont passés au travers mais vu les hurlements et aboiements qu’ils ont poussé, vaut mieux rester tranquille et attendre que cela passe.

J’aime énormément ces huis-clos apocalyptiques où l’homme de nature individualiste, se sent obligé de se rapprocher de son semblable tout simplement pour survivre. Ce groupe d’hommes et femmes rassemblés par la force des choses, semblent être coupés du monde. Ils vont devoir faire corps pour faire face à l’horreur et ne pas sombrer dans la folie.

La maison qui glissait est construite comme un film catastrophe. L’histoire se met tout doucement en place, le lecteur fait connaissance avec de nombreux personnages (un peu trop d’ailleurs ; je me suis plusieurs fois emmêlée les crayons avec cette multitude de noms à retenir). Chaque matin, le gardien va rayer le nom des disparus de la veille. Heureusement pour moi, ces disparitions mystérieuses réduisent petit à petit la liste des prénoms à retenir.

Mais revenons à ces habitants pour qui le temps semble être suspendu. Dans ces moments où il n’y a rien à faire, les journées sont longues et le lecteur perçoit très bien dans le rythme de l’écriture cette lenteur, cette langueur. Jean-Pierre Andrevon prend des virages étonnants voire déroutants. Au fur et à mesure que les habitants disparaissent, que la nourriture vient à manquer, la nature profonde de l’homme se révèle, les pulsions primaires refont surface.

Je conçois tout à fait que pour l’auteur, la notion de la fin du monde implique chez l’homme un regain d’activité sexuelle, mais je me suis demandée de quoi l’auteur voulait me détourner à force de m’envoyer tant de passages de femmes à la libido démesurée, d’appartement transformé en baisodrome et d’orgies sexuelles.

Il n’était pourtant nul besoin d’en faire des tonnes, et ce ne sont vraiment pas ces moments que je retiendrai de l’histoire de cette tour isolée du monde où les peurs de chacun deviennent le cauchemar de tous.  La fin est surprenante et le manque d’explication logique laisse le champs libre à notre imagination.

A lire, les avis de Gromovar,
Merci aux Editions Belial’, qui m’ont permis de lire en numérique La maison qui glissait. Je salue d’ailleurs leur politique sur le prix du livre numérique et l’absence de DRM (mais c’est un autre débat).
Ce billet est d’ailleurs sponsorisé par le Challenge Fins du Monde chez Tigger Lilly.

 Présentation de l’éditeur
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« Mon Dieu… c’est la fin du monde. »

Un immense fracas le réveille. Le tonnerre ? Peut-être… Le jour pointe, la chaleur est déjà étouffante dans l’appartement minuscule occupé par Pierre au 13e étage de sa tour de banlieue. Ensommeillé, il entrouvre le rideau de la fenêtre depuis son lit… et demeure pétrifié par le panorama qui se révèle à lui. Un brouillard poisseux bouche l’horizon, c’est à peine s’il distingue la silhouette de la tour des Tilleuls à quelques dizaines de mètres de là. Le brouillard, avec une telle canicule ?… Ainsi débute le cauchemar pour tous les résidents de cette barre HLM coupée du monde par un mur cotonneux qui semble abriter de terrifiantes créatures, une réclusion forcée qui va contraindre les habitants à s’organiser pour faire face à l’indicible et révéler la vraie nature de chacun. Car après tout, le pire n’est peut-être pas dans la brume…

Et d’ailleurs, d’où vient-elle, cette brume ? 

Jean-Pierre Andrevon, né à Bourgoin-Jallieu en 1937, est l’une des plus incontournables figures de la science-fiction française contemporaine. Après une intense collaboration à la mythique revue Fiction (auteur, critique, essayiste), il publie son premier roman, Les Hommes-Machines contre Gandahar, en 1969 (adapté par René Laloux en long-métrage d’animation sur des dessins de Philippe Caza). C’est le début d’un parcours littéraire aussi dense (plus de quatre-vingts romans) qu’engagé, une œuvre traduite dans une dizaine de langues, plusieurs fois adaptée à la télévision et saluée par le Grand Prix de l’Imaginaire à deux reprises. Quatre ans après la parution du Monde enfin, La Maison qui glissait, roman SF aux échos picaresques et aux implications sociales tranchantes, signe le grand retour de Jean-Pierre Andrevon sur le devant de la scène éditoriale.

La fiche du livre sur le site du Bélial’
La version numérique

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Blogueuse, lectrice équipée d'un reader depuis plusieurs années. Grande fan de Science Fiction, de thriller, Valérie ne passe pas une journée sans ouvrir un livre. Et quand elle ne lit pas, ce qui est vraiment rare, Valérie adore aller au cinéma (voir des films SF), regarder des séries (principalement SF)...elle travaille aussi mais ça, c'est une autre histoire...

0 Comments on this post

  1. Ça a l’air vachement spécial ce bouquin.

    Tigger Lilly / Répondre

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